Affaire de «la petite martyre de l’A10» : aux assises du Loir-et-Cher, l’épilogue de quatre décennies de mystère

Pendant longtemps au palais de justice de Blois, les magistrats se sont transmis un dossier rouge aux allures de grimoire, une affaire non élucidée qu’aucun d’entre eux ne voulait abandonner à la poussière. Il s’y trouvait la terrible histoire d’une petite fille dont le corps mutilé avait été retrouvé un jour d’août 1987, en bordure de l’autoroute A10, à Suèvres, entre Orléans et Tours. Elle n’avait pas de nom, pas d’âge précis, pas de famille revendiquée. Personne pour livrer le moindre indice sur ce qui lui était arrivé. Les magistrats ont traversé les décennies avec cette même interrogation : qui est-elle ? Ils se sont relayés pour relancer l’enquête, espérant profiter des évolutions de la science. C’est finalement le procureur Frédéric Chevallier qui, le 14 juin 2018, a prononcé la phrase tant attendue : «Inass Touloub a enfin un prénom et un nom.» Lors de la conférence de presse, il a ajouté avec émotion : «Le temps n’a jamais couru contre nous. Les enquêteurs ont toujours pensé que l’affaire serait élucidée un jour.»

Affaire de «la petite martyre de l’A10» : aux assises du Loir-et-Cher, l’épilogue de quatre décennies de mystère

TL;DR

  • Les parents d'Inass Touloub, âgée de 4 ans, comparaissent à partir du 2 novembre à Blois.
  • Le père est jugé pour "torture et actes de barbarie ayant entraîné la mort" et la mère pour "complicité".
  • Le corps de la fillette avait été retrouvé en 1987 sur le bord de l'autoroute A10, à Suèvres (Loir-et-Cher).
  • L'affaire était l'un des plus anciens cold cases français, la victime étant restée sans nom pendant 31 ans.
  • L'identité d'Inass Touloub a été établie en juin 2018 grâce aux avancées scientifiques et aux investigations.
  • Le procès est l'épilogue de quatre décennies d'enquête et de mystère.