Histoire
2 nov. 2026

Eurostar mise sur Christophe Fanichet pour résister à l’ouverture du rail transmanche

Christophe Fanichet prend les commandes d’Eurostar au moment où l’opérateur prépare l’arrivée de concurrents dans le tunnel sous la Manche. Les sources divergent surtout sur l’interprétation de sa nomination : nouveau défi stratégique pour les uns, reclassement après un départ contesté pour les autres.

Christophe Fanichet deviendra directeur général d’Eurostar le 1er décembre, en remplacement de Gwendoline Cazenave. Sa nomination intervient quelques mois après son départ de la direction de SNCF Voyageurs et alors que l’opérateur transmanche se prépare à perdre son monopole.

Dans une lecture centrée sur le rapport de force, cette arrivée ressemble à une contre-offensive. Eurostar devra affronter Virgin Trains et Trenitalia, qui visent des liaisons à grande vitesse sous le tunnel à l’horizon 2030, ainsi que de nouveaux acteurs. Fanichet devra donc prolonger la stratégie déjà engagée : nouvelles dessertes vers Francfort, Genève et les Pays-Bas, et commande de jusqu’à 50 rames à deux niveaux attendues à partir de 2031.

L’autre perspective insiste davantage sur la continuité managériale et le profil du dirigeant. Après avoir préparé SNCF Voyageurs à l’ouverture à la concurrence, Fanichet est appelé à relever un défi similaire chez Eurostar. « L’enjeu est désormais d’ouvrir un nouveau chapitre pour Eurostar et d’assurer son développement dans un environnement plus concurrentiel », a indiqué l’entreprise.

Le bilan de Gwendoline Cazenave fournit à la fois un point d’appui et une pression. Eurostar a franchi le cap des 20 millions de voyageurs annuels après l’intégration d’Eurostar et de Thalys, mais ses performances récentes sont plus contrastées : la fréquentation progresse, tandis que l’Ebitda recule sous l’effet de l’inflation et des coûts d’infrastructure britanniques.

Fanichet devra ainsi transformer une avance commerciale en avantage durable, avec un objectif de 30 millions de passagers en 2030. Sa mission sera moins de gérer une succession que de prouver qu’Eurostar peut rester la référence européenne lorsque la concurrence entrera réellement en gare.