Histoire
2 nov. 2026
Philippe Vasset décroche le Médicis avec un roman que son éditeur jugeait « improbable »
Le jury du prix Médicis mise sur un récit littéraire hors des sentiers battus, là où Philippe Vasset voit une France parcourue sous les pylônes électriques. Les autres récompenses confirment une édition ouverte à des formes et des horizons variés, avec Eva Baltasar, Jean-Baptiste Del Amo et Richard Zenith également distingués.
Philippe Vasset a remporté lundi le prix Médicis 2026 pour Dans les grandes lignes (Flammarion), un roman né de deux années de marche et d’observation le long des lignes à haute tension françaises. À 54 ans, l’auteur succède à Emmanuel Carrère, récompensé en 2025 pour Kolkhoze.1
Le choix tranche avec une sélection finale particulièrement féminine : six des sept ouvrages retenus étaient écrits par des femmes. Le jury, présidé par Pascale Roze, a finalement privilégié ce projet consacré aux paysages techniques, aux zones périphériques et aux itinéraires rarement regardés comme matière romanesque.
Vasset s’est dit heureux d’être distingué « pour un livre aussi improbable », alors que son éditeur s’était montré « dubitatif » devant le projet.1 Pascale Roze défend, elle, un auteur qui avance « dans les chemins écartés » et dont le livre serait à la fois « concret, géographique, scientifique, drôle et poétique ».2 Autrement dit, le Médicis récompense moins une intrigue classique qu’une manière singulière de transformer une traversée en expérience littéraire.
Les autres catégories élargissent encore le palmarès. Le Médicis du roman étranger revient à l’Espagnole Eva Baltasar pour Déclin et fascination, tandis que Jean-Baptiste Del Amo reçoit le prix de l’essai pour Une éclaircie. Le jury attribue enfin un prix spécial à Richard Zenith pour sa biographie de Fernando Pessoa, Pessoa, l’œuvre-vie, un ouvrage de 1 200 pages.3
La cérémonie intervient à la veille des prix Goncourt et Renaudot, plaçant Vasset au premier plan de la saison littéraire française.