Histoire
24 oct. 2026

À Paris, le changement de parcours transforme la manifestation en bras de fer

La préfecture assume un itinéraire périphérique au nom de la sécurité, tandis que la gauche et l’intersyndicale dénoncent une décision tardive qui désorganise les manifestants et fragilise le droit de manifester. Le cortège a finalement emprunté le nouveau parcours sans incident majeur.

Le changement d’itinéraire décidé à la dernière minute a placé la manifestation parisienne du 24 octobre au cœur d’un bras de fer entre les autorités et ses organisateurs. Prévue entre Bastille et Nation, elle a été déplacée vers un parcours reliant les portes d’Italie et de Vincennes, de 13 heures à 19 heures. La préfecture avait interdit le trajet initial et l’intersyndicale refusé, dans un premier temps, le parcours de remplacement.

Sur le terrain, cette décision a surtout produit de la confusion. La place de la Bastille a été évacuée peu avant le départ, tandis que la police appelait les participants à rejoindre la porte d’Italie. Une manifestante résume son désarroi : « J'étais déjà dans le métro, j'ai eu l'occasion de descendre au bon endroit, sinon je serais sûrement coincée aussi. Donc je trouve que c'est n'importe quoi ». La sécurisation du nouvel itinéraire a dû être organisée dans l’urgence, au grand dam des commerçants et des participants mal informés.

La gauche et les syndicats y voient moins une mesure de sécurité qu’un obstacle politique et logistique. Marine Tondelier s’est dite « très inquiète », dénonçant une décision prise à moins de vingt-quatre heures du rassemblement. Jean-Luc Mélenchon a accusé le pouvoir de « jouer la désorganisation des cortèges », tandis qu’Olivier Faure redoutait « deux manifestations » et un risque accru de chaos. Fabien Roussel a, lui, estimé que les autorités devaient « garantir le droit de manifester, pas compliquer son exercice ».

La préfecture défendait donc un déplacement présenté comme nécessaire pour éviter d’éventuels débordements dans le centre de Paris. L’intersyndicale a finalement appelé à rejoindre le parcours légal. Malgré le cafouillage initial, le cortège a progressé dans le calme.

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