Histoire
19 oct. 2026

Dix arrestations après l’agression d’un maire français en Cisjordanie, entre fermeté affichée et accusations d’impunité

La police israélienne présente les arrestations comme la preuve d’une application impartiale de la loi, tandis que l’opposition et les critiques du gouvernement y voient le symptôme d’une violence de colons longtemps tolérée.

La police israélienne a annoncé l’arrestation de dix personnes après deux agressions en Cisjordanie : celle d’une photographe américaine, grièvement blessée, puis celle de Bernard Baudoux, maire français d’Aulnoye-Aymeries, attaqué samedi lors d’un déplacement avec un convoi de diplomates européens. Les suspects ont été interpellés avant l’aube et transférés pour interrogatoire. Ils pourraient être présentés à la justice selon les résultats de l’enquête.

Le récit policier insiste sur la neutralité de l’intervention. Le commandant Danny Levy affirme que « la loi en Judée-Samarie s’applique à tous, indépendamment de leur identité ou de leur affiliation » et promet une action « professionnelle, équitable et impartiale ». Cette ligne a reçu le soutien de l’ambassadeur américain Mike Huckabee, qui a salué une « avancée très positive » dans l’identification des responsables.

La gauche et l’opposition israélienne retiennent une lecture plus sévère. Elles décrivent les faits comme une attaque de colons contre des représentants étrangers et un élu français, et accusent le gouvernement de laisser se prolonger un climat de violence. Gadi Eisenkot a ainsi dénoncé un « terrorisme juif » mené « sous les auspices du gouvernement », estimant qu’une « poignée de criminels » épuisait le crédit international d’Israël.

L’Union européenne a « fermement » condamné l’attaque, tandis que le bureau du Premier ministre Benyamin Netanyahou a rejeté ce qu’il qualifie de campagne de « diffamation » contre les colons. En toile de fond, des ONG israéliennes et palestiniennes dénoncent la rareté des poursuites après les agressions, les violences contre les journalistes et les attaques visant les Palestiniens. Les arrestations constituent donc un geste de fermeté, mais elles devront être suivies de poursuites effectives pour convaincre au-delà de l’annonce.