Notícia
2 de nov de 2026

La pétition contre CNews franchit les 500 000 signatures, mais la chaîne refuse le procès politique

La pétition réclamant le retrait de CNews de l’audiovisuel ouvre la possibilité d’un débat à l’Assemblée, sans le garantir. Ses promoteurs dénoncent une influence éditoriale dangereuse, tandis que la chaîne invoque la liberté d’expression.

La pétition intitulée « Supprimer CNews de l’audiovisuel français » a dépassé les 500 000 signatures le 2 novembre, seuil qui peut permettre à l’Assemblée nationale d’examiner le sujet. Mais ce franchissement ne déclenche pas automatiquement un débat : une commission doit d’abord décider de classer la pétition ou de l’examiner, avant un éventuel rapport et passage dans l’hémicycle.

Pour la gauche et les soutiens de l’initiative, cette mobilisation traduit une exaspération face à la ligne éditoriale de CNews. Le texte accuse la chaîne d’être une « machine de propagande », évoque des rappels à l’ordre et des amendes de l’Arcom, et dénonce un déséquilibre durable entre les courants d’opinion. Thomas Portes, député de La France insoumise, a notamment affirmé que « CNews doit être fermée », tandis que d’autres élus réclament un durcissement des sanctions contre les propos racistes.

Cette offensive s’est amplifiée après l’attaque de Trappes, le 23 octobre. Des responsables de gauche, dont le maire Ali Rabeh, estiment que certains médias donnent trop de visibilité aux discours visant les immigrés ou les personnes issues de l’immigration. L’Arcom avait elle-même mis CNews en demeure en juin pour un « déséquilibre manifeste et durable » dans le traitement de l’immigration et de l’islam.

CNews, de son côté, refuse d’entrer dans le débat sur le fond de la pétition : « Nous ne ferons pas de commentaires sur cette pétition politique », a répondu la chaîne. Accusée de promouvoir des thèmes associés à l’extrême droite, elle affirme défendre la liberté d’expression. Le seuil atteint représente donc une victoire symbolique pour ses adversaires, mais l’issue institutionnelle reste incertaine — et la chaîne conserve sa ligne de défense.