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19 de out de 2026

À Marseille, le déplacement reporté de Laurent Nuñez ravive la colère de Benoît Payan

Le ministre de l’Intérieur reporte sa venue à Marseille pour une réunion gouvernementale. Si son entourage met en avant le soutien aux commerçants et aux forces de l’ordre, le maire dénonce une réponse sécuritaire décalée face aux pillages.

Le déplacement de Laurent Nuñez à Marseille, prévu le 19 octobre après les violences survenues en marge de la mobilisation du 17 octobre, a été reporté. Le ministre devait rencontrer Benoît Payan, des commerçants victimes de pillages et les forces de l’ordre. Son entourage invoque une réunion de travail avec le Premier ministre et plusieurs ministres, sans annoncer de nouvelle date.

À gauche, le report est perçu comme un signal inquiétant. « Marseille et les habitants sont en attente. On a du mal à y croire. C’est inquiétant. Ça signifie qu’on n’aura pas de réponse aujourd’hui », a fait savoir l’entourage du maire. Benoît Payan réclame une réponse politique rapide et souhaite être reçu par Emmanuel Macron, après avoir dénoncé des doctrines de maintien de l’ordre qu’il juge « complètement ahurissantes » : selon lui, des manifestants ont été gazés tandis que des commerces étaient pillés à proximité.

La lecture portée par la droite insiste, elle, sur le caractère opérationnel du déplacement initial. Laurent Nuñez devait rencontrer les acteurs économiques et les forces de l’ordre, deux jours après les violences. Son entourage assure qu’il renouvelle « tout mon soutien au maire de Marseille, aux commerçants victimes des pilleurs et à l’ensemble des forces de l’ordre mobilisées sur le terrain ».

Les deux récits se rejoignent sur l’ampleur des dégâts et la nécessité de soutenir les victimes. Ils divergent sur la priorité immédiate : présence ministérielle et fermeté sécuritaire pour les uns, clarification de la doctrine du maintien de l’ordre et réponse politique pour le maire. À Marseille, le report ne calme donc pas la tension : il la déplace vers le gouvernement.