Storia
19 ott 2026
Nuñez reste malgré l’aveu d’un pouvoir dépassé
Laurent Nuñez reconnaît des défaillances majeures dans la gestion des violences du 17 octobre, mais Emmanuel Macron refuse sa démission au nom de la continuité opérationnelle. L’opposition y voit un aveu d’impuissance.
Entre reconnaissance des failles et impératif de continuité, l’exécutif maintient Laurent Nuñez malgré son aveu d’une perte de contrôle. La majorité défend une réponse opérationnelle, tandis que ses opposants dénoncent une crise d’autorité et renvoient les Français à l’échéance de 2027.
Laurent Nuñez a assumé une responsabilité politique directe après les violences du 17 octobre. « Je suis responsable de tout ce qui se passe » et il y a eu « une perte de contrôle » dans certaines grandes villes, a reconnu le ministre, évoquant aussi un « manque d’anticipation »1. Selon lui, les forces de l’ordre, mobilisées au nombre de 60 000, ont été dépassées par l’ampleur de la mobilisation et par les violences.
Cette admission n’a toutefois pas entraîné son départ. Emmanuel Macron a refusé sa démission, invoquant « la nécessité d’un commandement continu des forces de l’ordre dans le contexte actuel »2. Le chef de l’État lui demande en parallèle de faire la transparence sur les « défaillances d’anticipation et de renseignements » et de déployer rapidement de nouveaux modes d’action3. Le choix présidentiel privilégie donc la continuité, tout en reconnaissant que le dispositif n’a pas fonctionné partout.
Nuñez tente, lui, de déplacer une partie du débat vers les auteurs des violences. Il cite « des casseurs, des pilleurs, des militants d’ultragauche » et reproche à certains responsables politiques de ne pas les condamner avec assez de fermeté4. L’opposition, au contraire, transforme l’épisode en procès du pouvoir. Jordan Bardella parle d’un « terrible aveu d’impuissance »
5, tandis que Marion Maréchal estime que l’enjeu dépasse désormais la démission du ministre : « La vraie question c’est le choix des Français à la présidentielle de 2027 »
6.
Le bilan — près de 2 400 interpellations et presque 1 000 membres des forces de l’ordre blessés — nourrit cette fracture entre réponse immédiate et remise en cause politique7.