Histoire
22 oct. 2026

Mélanie Berger-Volle disparaît, mais son combat contre la résignation demeure

Les deux récits saluent une résistante engagée très tôt contre le nazisme et devenue, après la guerre, une infatigable passeuse de mémoire. L’un insiste sur son parcours clandestin et sa portée symbolique, l’autre sur son combat durable pour les libertés et la transmission aux jeunes.

Mélanie Berger-Volle est morte à 105 ans à Saint-Étienne. Autrichienne et française, née dans une famille ouvrière juive, elle s’était engagée dès l’adolescence contre le régime hitlérien avant de poursuivre son combat en Belgique puis en France. Les deux récits convergent sur une figure de résistance devenue, après-guerre, une voix majeure de la mémoire.

Le premier met en avant la trajectoire clandestine : tracts en allemand destinés aux soldats du Reich, arrestation en 1942, détention à Toulouse puis aux Baumettes, et évasion en 1943 avec l’aide de résistants et d’un soldat allemand rallié. Elle racontait avoir sauté d’un train en direction d’un camp : « En gare de Clermont-Ferrand, j’ai sauté ». Son évasion, « en chemise de nuit », est devenue l’une des images fortes de son récit.

L’autre récit insiste davantage sur la continuité politique de cet engagement. Après avoir rejoint la Résistance française et des militants révolutionnaires, Berger-Volle n’aurait jamais cessé de défendre les libertés. Sa formule, « Résister, c’est essentiel. Mieux vaut vivre debout qu’à genoux », résume cette ligne de vie.

Les deux perspectives se rejoignent surtout sur son travail de transmission. Aux côtés de son époux Lucien Volle puis du Mémorial de la Résistance et de la déportation de la Loire, elle a témoigné auprès de générations d’élèves. À 102 ans, elle avait encore porté la flamme olympique aux Jeux de Paris, en souhaitant représenter les femmes qui s’étaient battues pour accéder au sport comme les hommes. Une bande dessinée consacrée à son parcours doit par ailleurs connaître une suite, intitulée Liberté, prévue pour 2027.