Histoire
19 oct. 2026

La gauche estime que la tournée de Macron dans le Golfe révèle un pouvoir déconnecté de la crise française

Emmanuel Macron présente sa tournée dans le Golfe comme une réponse concrète à la flambée des carburants et aux tensions géopolitiques. Ses critiques y voient au contraire un déplacement diplomatique ambitieux, mais déconnecté d’une crise intérieure qui exige des réponses immédiates.

Emmanuel Macron a maintenu sa tournée au Koweït, aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et au Qatar malgré les violences ayant suivi les manifestations contre la vie chère. Son objectif affiché : obtenir des engagements sur des volumes supplémentaires de pétrole et de diesel, afin de sécuriser les approvisionnements français et de contenir les prix à la pompe. Le président est accompagné de dirigeants de TotalEnergies et d’Engie.

L’Élysée présente ce déplacement comme une action directe en réponse aux inquiétudes exprimées par les manifestants. Macron affirme vouloir « sécuriser nos approvisionnements », tandis que la présidence française évoque des partenariats économiques et de défense, dans un Golfe fragilisé par la guerre entre les États-Unis et l’Iran et par les attaques contre les routes maritimes énergétiques.

Mais cette stratégie extérieure se heurte à une critique politique intérieure. Le constitutionnaliste Benjamin Morel estime que le voyage « apparaît comme déconnecté des enjeux nationaux » et peut donner « une forme de sentiment de vide du pouvoir ». Les chances d’obtenir des volumes significatifs sont également mises en doute par l’économiste Thierry Bros, qui juge Macron décrédibilisé auprès des monarchies du Golfe et souligne les limites financières de la France.

À droite, Jordan Bardella défend une réponse différente : plutôt que de miser d’abord sur la diplomatie énergétique, il promet, en cas d’élection de Marine Le Pen, de réduire fortement la fiscalité sur les carburants, avec une TVA ramenée de 20 % à 5,5 %.

Le contraste est net : Macron mise sur les partenariats internationaux et la sécurisation des flux ; ses adversaires réclament une baisse fiscale immédiate. Dans les deux cas, la flambée des carburants reste le point de cristallisation de la crise.