Historia
3 de nov de 2026
Frigos piratés en Europe : faille technique ou offensive de déstabilisation ?
Après la France, des supermarchés de plusieurs pays européens ont vu leurs installations frigorifiques dérégler leurs températures. Les enseignes évoquent des cyberincidents, tandis que les autorités examinent aussi la piste d’équipements anciens et mal sécurisés.
Les faits, eux, s’accumulent. Après l’attaque du 12 octobre en France, des magasins en Belgique, en Suède, au Luxembourg, en Irlande, aux Pays-Bas, en Finlande et en Estonie ont signalé des températures anormales, parfois jusqu’à 50 °C, contraignant certaines enseignes à jeter des produits. Un magasin suédois a affirmé que ses congélateurs avaient « été piratés et que leur température avait été réglée à 50 degrés Celsius »1.
Plusieurs distributeurs parlent clairement de cyberattaque. Carrefour Belgique assure que « c’est une cyberattaque, il n’y a pas d’autre raison », tandis que Coop Suède confirme un « cyberincident » touchant six magasins2. Mais le tableau reste incomplet : ICA, Delhaize, Colruyt et Intermarché ont reconnu des dysfonctionnements sans établir formellement leur origine. Le porte-parole de Coop dit ainsi n’avoir reçu « aucune information indiquant qu’il s’agit d’une cyberattaque »3.
La piste technique est particulièrement solide. Les installations concernées seraient souvent reliées à d’anciens systèmes de contrôle Danfoss, dont certains ne reçoivent plus de mises à jour de sécurité. En Suède, les magasins touchés de Coop utilisaient en outre un réseau mobile 4G jugé « plus exposé » que le réseau 5G actualisé4. En France, le directeur de l’Anssi avait déjà évoqué des « défauts de sécurisation élémentaire »5.
À l’inverse, la répétition et la coordination apparente des incidents nourrissent l’hypothèse d’une guerre hybride. Le commissaire européen Christophe Hansen dénonce « une tentative délibérée de perturber notre chaîne d’approvisionnement alimentaire et de saper la confiance des consommateurs »6. Michel-Édouard Leclerc va plus loin : « Des forces en guerre essaient de nous déstabiliser »7.
Aucun groupe n’a revendiqué les attaques. Pour l’heure, l’Europe doit donc traiter les deux risques à la fois : corriger une architecture numérique vieillissante et déterminer si ses failles sont exploitées dans le cadre d’une campagne coordonnée.