Historia
19 de oct de 2026

À Aix, le procès du triple assassinat devient le miroir de la guerre contre le narcotrafic

Le procès de cinq accusés pour le triple assassinat de 2020 oppose deux lectures : celle d’un combat judiciaire emblématique contre le narcotrafic et celle d’une violence criminelle entrée dans une nouvelle ère.

Le procès qui s’ouvre à Aix-en-Provence dépasse le seul dossier criminel. Cinq hommes comparaissent devant une cour d’assises composée de magistrats professionnels pour le meurtre de trois jeunes hommes, dont Brahim Chabane, le frère d’Amine Kessaci. Les victimes avaient été retrouvées tuées par balle, puis brûlées dans des véhicules en décembre 2020 et janvier 2021.

Deux lectures d’un même procès

Dans la lecture portée par les proches et les acteurs engagés contre le narcotrafic, l’audience doit d’abord être celle de la justice. Amine Kessaci, devenu militant antidrogue après la mort de son frère, affirme ne pas être « dans une quête de vengeance » mais agir « pour la justice ». Son avocat dit également avoir « confiance en la justice », tandis que la défense d’Amine Oualane assure que son client entend démontrer son innocence et que les éléments à charge pourraient, selon elle, jouer en sa faveur.

Une autre perspective insiste sur la portée historique de l’affaire. Le dossier est présenté comme l’un des procès les plus sensibles de l’année, son audiencement ayant été qualifié de « prioritaire ». Certaines sources y voient même le début de la « mexicanisation » des violences liées au trafic de drogue à Marseille.

Le contraste est net : d’un côté, une famille qui veut transformer le drame en combat civique et judiciaire ; de l’autre, la description d’une criminalité structurée, capable de planifier des guets-apens, de faire disparaître les corps et, selon l’accusation, d’organiser des opérations depuis l’étranger.

Tous les accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Mais au-delà du verdict, l’audience devra dire si ce triple meurtre relève d’une guerre de réseaux isolée ou du symptôme durable d’un narcotrafic devenu une menace publique.

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