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2. Nov. 2026

Alstom replonge : le pari industriel allemand tourne à la crise de confiance

Un nouveau profit warning lié aux trains Coradia Max fait chuter Alstom de plus de 30 %. La direction promet un redressement, mais les retards, pénalités et besoins de financement ravivent les doutes sur l’exécution du groupe.

Alstom replonge en Bourse. L’action du constructeur ferroviaire a perdu plus de 30 % après un nouvel avertissement sur résultats, le deuxième en quelques mois. La marge d’exploitation attendue pour 2026-2027 est désormais ramenée à environ 1 %, contre 6,5 % auparavant, tandis que la production prévue tombe à 4 000 voitures, contre 4 400 à 4 500.

Le déclencheur porte sur le programme Coradia Max, destiné à plusieurs régions allemandes. Six contrats, représentant environ 5 milliards d’euros et 850 voitures, concentrent aujourd’hui les difficultés : retards d’ingénierie, tests d’homologation insatisfaisants, interruptions de production et pénalités contractuelles. Certaines rames prévues en 2024 ne devraient finalement être livrées qu’en 2028.

Deux lectures de la crise

La direction d’Alstom présente le problème comme un choc ciblé, désormais pris en main. « Nous traitons nos difficultés d’exécution avec lucidité et avec vigueur », assure le directeur financier Bernard Delpit, en promettant de renforcer les mesures structurelles et le désendettement. Le PDG Martin Sion affirme de son côté vouloir « normaliser la performance du groupe dès le prochain exercice fiscal ».

Une lecture plus sévère s’impose toutefois. Le groupe reçoit des commandes, mais ne les transforme pas assez vite en livraisons et en encaissements : le flux de trésorerie lié à l’activité est passé dans le rouge, à 1,248 milliard d’euros. Les retards décalent les paiements des clients tandis que les pénalités s’accumulent.

Pour les analystes d’Oddo BHF, ces deux avertissements « ne vont pas aider à restaurer la confiance ». Alstom doit en parallèle réduire sa dette d’environ 2 milliards d’euros d’ici septembre 2027, en envisageant cessions, augmentation de capital ou nouvel endettement. La crise allemande devient ainsi un test industriel autant que financier.

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