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20. Okt. 2026

À Lyon, un rassemblement de soutien bascule en défilé politique sous le couvre-feu

Après un rassemblement en soutien aux commerçants et aux forces de l’ordre, un groupe identifié comme appartenant à l’ultradroite a défilé à Lyon. La préfecture dénonce une récupération, tandis que le maire réclame l’application stricte des règles.

À Lyon, la soirée devait d’abord être consacrée au soutien aux commerçants et aux forces de l’ordre, après les violences et les dégradations qui avaient touché le centre-ville. Réuni place Bellecour avant l’entrée en vigueur du couvre-feu, le rassemblement a rassemblé entre 200 et 350 personnes selon la préfecture, jusqu’à 500 selon les organisateurs. Il s’est dispersé sans incident afin de respecter les horaires fixés par l’État.

C’est au moment de cette dispersion que la situation a changé. Selon la préfecture, des individus « identifiés a posteriori comme appartenant à l’ultradroite » se sont regroupés après s’être mêlés au rassemblement, dans le but de le « récupérer ». Le cortège, fort de quelques dizaines à environ 200 personnes selon les récits, a ensuite emprunté la rue Victor-Hugo, avec une banderole « Anticasseurs Lyon » et des slogans tels que « La rue, la France nous appartient » ou « La racaille en prison ».

Le préfet du Rhône, Étienne Guyot, a assuré être « furieux de cette volonté de récupération ». Il a prévenu qu’il n’accepterait aucune expression pouvant constituer un appel à la haine ni aucun attroupement susceptible de troubler l’ordre public.

Le maire de Lyon, Grégory Doucet, condamne lui aussi « fermement » le défilé et les slogans entendus. Mais son message porte également sur l’égalité devant les règles : « Les règles doivent être les mêmes pour tous », affirme-t-il, en demandant au ministre de l’Intérieur de garantir « l’ordre républicain ».

Les autorités soulignent enfin que le groupe s’est dispersé hors du périmètre soumis au couvre-feu et qu’aucun trouble majeur n’a été recensé durant la nuit. Reste une fracture nette entre deux lectures : pour les autorités, un rassemblement civique a été détourné ; pour les participants au défilé, la contestation de l’ordre politique s’est imposée dans la rue.

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